Le Seppuku ou Suicide Honorable

Le seppuku, plus connu en Occident sous le nom d'hara-kiri est un suicide rituel et honorable d'origine japonaise.

En japonais, hara kiri signifie littéralement "ouvrir le ventre".
Le terme correct pour un suicide honorable est seppuku "désincarnation".

!*=(L'oRiGiNe)=*!

Le seppuku s'est développé comme partie intégrante du code du Bushido (code d'honneur du guerrier) dans le Japon médiéval aux environs de 1192 à 1868. La légende veut que se soit Minamoto no Tometomo qui commit le premier ce suicide rituel particulièrement douloureux, prenant exemple sur les femmes chinoises qui s'ouvraient le ventre afin de préserver leur vertu en prouvant qu'elles n'étaient pas enceintes. C'est le premier homme samourai dont on a une description détaillée du seppuku: après sa défaite à la première bataille d'Uji en 1180, Yorimasa s'est retiré dans la salle du Phénix du temple du Byodo-in, a écrit un poème au dos de son étendard, avant de prendre son poignard et de s'ouvrir l'abdomen.
Le seppuku devient alors l'unique moyen de racheter ses fautes ou de prouver sa fidélité de part la force de caractère, le courage et la bravoure qu'il exige.
En 1716, le livre "Hagakure" donna un sens plus dramatique encore au seppuku qui est résumé par la phrase: la voie du samouraï, c'est la mort".

!*=(LeS oBlIgAtIoNs)=*!

Au Japon, la dernière manière d'assumer un échec est de le laver par le sang lors d'un suicide organisé soigneusement.
Il y a quatre grandes raisons de faire seppuku:

°Le cas le plus connu est celui de la défaite au combat. Le samouraï préférait se donner la mort lui-même, entouré de ses compagnons plutôt que d'être pris et torturé par l'ennemi.

°Le Kanshi, ou les remontrances; les vassaux du shogun accompagnaient leur critique par leur suicide. Le samouraï pouvait également protester contre une injustice en attirant l'attention du seigneur qui reconsidérait alors une action imprudente ou indigne et, sauvant ainsi la vie de ses comparses. Nobunaga Oda reçut de cette manière une lettre de reproche d'un de ses vassaux qui, en commettant le seppuku lui ouvra les yeux sur la situation catastrophique au Japon.

°Le Tsumebara, ou sanction pénale, fut institué par le shogun Tokurawa. Le seppuku permettait au guerrier et à son clan d'éviter la honte, l'exil ou encore la prison. Cette sanction était une offre de rachat soumisse par le seigneur à son vassal.

°Le Junshi, ou accompagnement dans la mort, devint l'amorce du suicide de groupe. En effet, les samouraïs faisaient preuve de leur dévouement total et aveugle en leur maître en le suivant par delà la mort. En Chine où cette pratique était la plus répandue, elle était l'unique raison qui ne faisait pas suite à un échec. Cette pratique destructrie causa des pertes irréparables, ce suicide collectif pouvant rassembler jusqu'à 500 guerriers, laissant leur clan exsangue et sans défense.

Les femmes n'avaient pas le droit à ce cérémonial, les nobles et les épouses de samouraïs se tranchaient la veine jugulaire avec un tantô (sabre le plus court) qu'elles possédaient toujours sur elles après s'être entravé les jambes afin de garder dans la mort une attitude décente. Cette forme de suicide s'appelle jigai. Dans certains cas, avec une autre femme, elles se tuaient l'une et l'autre simultanément.

!*=(Le RiTuEl)=*!

Qu'il soit pour montrer son mépris envers l'ennemi, pour protester contre une injustice ou pour préserver sa dignité, le seppuku était une action valorisant grandement la personne qui le pratiquait.
Le seppuku était entièrement codifié et devint un véritable rituel régit par une étiquette. Il se commettait en public mais, devant une assemblée restreinte. De plus, chaque participant avait un rôle bien défini et devait le suivre scrupuleusement.
Originellement il se déroulait sur un champ de bataille mais, le cadre fut rapidement remplacé par un jardin ou une cour quand le Bushido devint plus raffiné. Seuls, les guerriers étant sur le front pouvaient se permettre d'accomplir ce rituel très formel de manière plus hâtive et réduite à l'essentiel lorsqu'ils étaient sur le point d'être fait prisonniers par l'ennemi.
En temps de paix, le samouraï vêtu d'un kimono blanc, symbolisant la pureté, s'agenouillait sur un tatami. Un paravent le préservant parfois des regards mais le plus souvent il faisait face à l'assemblée. A son coté étaient disposés sur un plateau ouvragé pour l'occasion, des feuilles de papier de riz immaculées, un poignard spécial appelé Kusungobu, de l'encre, une tasse de saké et un pinceau.
Le samouraï composait alors un court waka qui reflétait son état d'esprit et traduisait sa force de caractère. Après en avoir fait la lecture, il ouvrait son kimono, enlevant parfois totalement la partie supérieure de l'habit, et de ce fait exposant son abdomen. Il saisissait ensuite le poignard qu'il enveloppait d'une feuille de papier de riz et faisait pénétrer la lame dans la partie gauche de son ventre pour remonter en diagonale sur la partie opposée.
Ce découpage de l'abdomen était fort de symboles; dans la tradition bouddhiste, l'abdomen inférieur, appelé Hara, est considéré comme la conscience d'une personne.
Le samourai réincérait ensuite le couteau dans sa chair pour faire une deuxième coupe de manière ascendante, vers le sternum, créant une croix dans leur ventre. Ce deuxième acte faisait preuve de l'acte de courage ultime. Cette forme de seppuku extrême était appelée le
Giri no Jumonji.
Le Kaishakunin, ou officier de la mort, placé derrière le samourai, entrait alors en action, mettant fin à ses souffrances en le décapitant.
Être Kaishakunin était un grand honneur et l'homme était choisi avec soin, devant répondre à deux critères: être à la fois un proche du samouraï et une fine lame.
Le sabre mettant fin à la cérémonie du seppuku était ensuite détruit.

!*=(LeS cAs CéLèBrEs)=*!

L'histoire du Japon est parsemée de personnages célèbres morts par Seppuku. La légende populaire en fait souvent des héros, émue par le caractère désespéré et tragique de leur destins.
Minamoto no Yoshitune: Frère du premier Shogun du Japon Minamoto no Yoritomo et général des armées de ce dernier. Ses victoires et sa célébrité le rendent insupportable à son frère. Pourchassé par les bushis du Shogun, il se donne la mort accompagné par son célèbre compagnon, le moine Benkei ( Yamabushi ).
Hôjô Nakatori : En 1333 acculé à la défaite, ce seigneur de la guerre commit le Seppuku dans un temple près de Kyôto. 432 vassaux se tuèrent avec lui ( Junshi ). Un mois plus tard à Kamakura Hôjô Takatoki se suicide avec près de 500 de ses guerriers, et met fin ainsi à la dynastie de la famille Hôjô.
Les 47 Ronins: Episode très célébre de l'histoire japonaise. En 1701, le seigneur Asano Takumi no Kami est insulté par le maître de cérémonie du Shogun, Kira Kosukeno-Suke. Il blesse ce dernier d'un coup de sabre, et transgresse ainsi la loi du Shogun. La sentence est immédiate, il doit commettre le Seppuku.
Mais ses vassaux refusent de pratiquer le Junshi ( suivre son maître dans la mort ). Ils deviennent alors des Ronins ( samouraïs sans maître ) qui ont failli à leur devoir. On se moque d'eux pour leur manque de courage et de fidélité...et on les oublie.
Deux ans plus tard, en 1703, ils attaquent la demeure du maître de cérémonie, Kira Kosukeno-Suke, et le tuent. Les 47 ronins commettent alors le Seppuku et rejoignent leur maître dans la mort, après avoir prouvé leur fidélité. Cet épisode très connu de l'histoire du japon a fait l'objet de nombreuses pièces de théâtre, de romans et de films Japonais.

!*=(Le SePpUkU à L'èRe EdO)=*!

Après l'unification du Japon, la période des grandes batailles fut terminée, et le rôle des Bushis diminua fortement. De même, les occasions de démontrer la loyauté à son seigneur devinrent extrêmement rares, et les Samourais ne trouvèrent plus que dans le Junshi, l'occasion de prouver courage et fidélité. Mais, du coup, les ravages de cette pratique furent si élevés qu'en 1663, le Shogunat Tokugawa interdit purement et simplement cette coutume, l'assortissant de punitions graves sur la famille et les descendants du Samouraï qui enfreignait cette loi. Le cas le plus connu de désobéissance à cette obligation fut le Général Nogi qui se suicida à la mort de l'Empereur Meiji en 1912.
Le Junshi étant interdit, l'esprit du Seppuku se dégrada assez rapidement. Les seuls cas de suicides permis restaient la réparation d'une faute personnelle ( échec d'une mission, faute accidentelle ) , mais surtout la sanction pénale ( Tsumebura ). Dés lors, le cérémonial du Seppuku perdit beaucoup de son côté volontaire pour devenir une simple exécution. Le poignard ne devint même plus nécessaire. Un simple éventail était posé devant le condamné. Lorsque celui-ci s'en saisissait, le Kaishakunin le décapitait aussitôt. La volonté de prouver son courage du Bushi n'avait donc plus place dans une telle cérémonie. A l'ère Meiji, le Seppuku disparut totalement, et seul les actions des Kamikaze en 1945 le rappela à la conscience collective du peuple Japonais.

!*=(CoNcLuSiOn)=*!

Le Seppuku est donc un suicide réfléchi, acte d'une grande finesse aux yeux des nippons, preuve indéniable d'un courage sans faille. De nos jours, bien que le suicide soit également déploré au pays du soleil levant, de nombreux japonais choisissent encore de sauver leur honneur par le suicide. Bien que les mentalités aient évoluées, cette notion d'honneur est, quand à elle, toujours aussi profondément enracinée dans les mentalités, la faillite d'une entreprise, l'échec aux examens ou encore une histoire passionnelle, deviennent des raisons de mettre fin à ses jours pour se laver de toutes hontes.

 

ReToUr Au SiTe ★ 

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